samedi 25 février 2012

Le blues de 2012


Anna Chronisme a 37 ans.
Comme le Mi en or chromé de sa guitare folk.
Et puis, il a des bizarreries diaboliques en tête. Comme l'idée de : 

  1. Prendre du recul à propos du monde ;
  2. Appuyer avec son bon sens là où ça fait mal à la surface du monde ;
  3. Diagnostiquer, puis aussi bavarder 4 ou 5 millénaires avec ses circuits dérivés sur la façon optimale d'arranger le monde ;
  4. Mélanger les lettres, redistribuer les courants de pensée, les époques et les talent culinaires ;
  5. Tabuler raser ;
  6. Renaître ;
  7. Et puis rebâtir tout avec ses trois mains et son pied gauche.

Anna Thème a tiensdonc ans. Comme le Fa bourlingué de son génie. Et puis donc, il sème au vent quelques idées, comme ça, sur comment rééquilibrer les balances.


« Z'ai le blues. Le blouze de deux mille douze. »


jeudi 20 octobre 2011

Mthaméaqutiement




Qu’est-ce qui sonne
Sur le seuil de nos portes
La nuit
Quand on est seul et fou

Qu’est-ce qui tinte et dingue
A la paroi de nos têtes
Le soir
Quand on danse

Qu’est-ce qui bat
Qu’est-ce qui frappe
A la lisière de nos envies
Et martèle nos existences sans projet
Et martèle nos sols

Et nous fait rire, nous moquer de tout,
Nous croire meilleur que tous,
Nous savoir cons mais grands


Quel est cet immense triangle de chaud
Qui nous ceint de son isocèle
Et nous intègre et nous dérive, et fait de nous le système fumeux le plus irrésolvable de tous les temps

Ah, mes amis… méthamitaquement pardon si qwerty vadrouille.


vendredi 14 octobre 2011

You be mon souvenir


Voilà donc tous les souvenirs d’un temps passé.

Une carte grise au feu de bois,
dorée passée qui sent le soir.

Un livre bleu corné,
d’histoires mal traduites
qui font pleurer quand même
les vieux ou les enfants,
surtout les vieux.

Voilà donc ton sourire.
Comme il est rieur et détaché
Moqueur aussi, un peu bête parfois
Voilà donc tes photos de la France,
En caléidoscope noir et blanc, bitume fumant
Semelle trouée.

Découpages à la gomme, découpages à la gomme, mais dites-moi que l’avenir c’est hier ! Et que le temps boucle comme un soleil qui tourne.

Voilà donc ma plume titubante et mes mots de consolation, ah qu’ils sont beaux les chemins de la tangente, ceux qu’on prend pour en finir avec l’air triste qu’on a tous les jours pour faire semblant que oui.

Ça va.

Que oui, ça va.

Voilà donc de vieilles choses plantées
dans cette vieille boîte rouillée
pas soignée, rongée,
baladée dans les orages.

Les dernières couleurs de la vie collées à nos pas de velours, s’effacent doucement
Et les derniers rayons de pluie sur nos manteaux s’envolent, pour d’autres fantaisies 


jeudi 22 septembre 2011

Guerre, paix et bandanas

On va distribuer le talent
Le matin en distribuant le journal
S’il tombe dans le café : talent mou

S’il atterrit sur la pelouse : talent nature


On va croire qu’on peut encore devenir autre chose que ce qu’indéniablement l’on devient minute après minute. Le midi en cherchant des yeux un après lumineux. S’il tombe un lundi : après chanceux. S’il atterrit dimanche : après fantôme.


On va parier sur demain, des mises en mousse
On va s’inquiéter. Tu vas pleurer.

Je ne voudrai pas parler. Tu croiras que je suis vide.

Mais je sais pourtant
Dire les choses
Du monde de l’indicible, celui qui se tait, qui raille et qui perd

Du siècle indécent, celui qui saigne, qui rit qui danse


On va faire semblant d’être d’accord avec eux – on rira bien derrière
Le soir en mâchant des plastiques
S’ils nous croient : nous ferons marionnettes
Sinon : nous irons nous jeter par-dessus les arcs du ciel en papier mousse en dessinant avec nos dents des couleurs d'océan dans l'horizon basané


mercredi 29 juin 2011

Mercredi 29 juin 2011





Le para-vie bleu tombe
qui vire au noir la nuit
Dessine avant leurs mots - aux bons, aux cons - des ombres sinistres. 


Le para-vie rouge vide
qui tourne au fauve à l'est
Est d'accord avec le fait que :


Les fleurs sont faites pour faner et les oiseaux pour pleurer.





mercredi 22 juin 2011

Sous l'ombrelle


Dans le crépuscule d'encre d'un monde obligé, que la raison sublime et le soleil délaisse, nous nous haïssons tous en chœur. Les grilles de fer roux dans les reflets des ponts, les sifflements sourds des serpents voyageurs, les formes misérables de la mort qui rampe encore, et nos tintements de grelots lourds : tous les silences en ce monde ne sont que des souvenirs tièdes.

    Sous l'ombrelle tu disais :
    « Finis ton thé, mon cœur, 
    ou bien c'est moi qui le boirai »
    Et c'est toi qui le buvais.

Entre la noirceur de nos visages et la blancheur de nos plafonds d'étain, 
la lente ascension vers l'avenir se charge d'eau
Dans les rues les chiens n'ont plus à boire et les vivants s'embrassent pour oublier.
Quelles sont ces idées sales qui germent dans le lit sec de la Sceyne ?
Quels sont ces chuchotements mats qui s'élèvent dans la nuit ?

    Au parafièvre de nos vingt ans
    Sur la ligne ourlée de l'horizon :
    « Finis ton siècle mon enfant,
    bois-le jusqu'à la lie »

A la fin, dans le brouillard abscons de la ville qui s'écroule, d'aucuns sur le rebord se brisent
et dessinent sur le ciel un grand cri de fadeur où les oiseaux de l'ombre vont pleurer.

    « Finis ta vie, mon cœur
    bois-la jusqu'à la lie »

Nous-autres nous continuons de rêver, 
et de voir étalés sur le monde des paysages qui n'existent plus, 
des ciels blancs comme l'enfance et des couleurs sur nos violons,
des littoraux sans brume où naissent les poètes,
des courbes et des histoires dans la forme de l'été

    Et sous l'ombrelle où du dis :
    « Finis ton thé, mon cœur, 
    ou bien c'est moi qui le boirai »,
    je forme le vœu de ton sourire.  



Il y a un mois